Face au surtourisme, le RM serait-il la solution ?

Que ce soit les calanques de Marseille, les îles Lavezzi ou encore Venise, les sites touristiques attirent de nombreux visiteurs chaque année.
Pour réguler ce tourisme de masse certaines destinations commencent à instaurer de nouveaux systèmes de gestion des flux afin de préserver leur biodiversité et leur patrimoine.

Réservations, billets payants, quotas journaliers ou encore taxe de séjour ? Nombreux sont les sites naturels touristiques et les destinations qui instaurent des systèmes de gestion des flux afin de se protéger du surtourisme.

Le surtourisme, un problème récent ?

1,5 milliard, c’est le nombre d’arrivées de touristes internationaux à l’échelle mondiale en 2019, un chiffre en hausse de 4% par rapport à l’année précédente selon l’Organisation Mondiale du Tourisme.

À l’heure actuelle, le tourisme est le troisième secteur économique mondial. Il emploie plus de 313 millions de personnes à travers le monde et représente 10% du PIB mondial. Progressivement, de nouvelles destinations se sont ouvertes au tourisme, créant une source de revenus pour bon nombre de pays en développement.

Mais aujourd’hui, face au surtourisme de nombreuses destinations très prisées des voyageurs, il deviendrait presque question de le limiter.

Bien souvent associé au tourisme de masse, le surtourisme désigne la saturation des sites touristiques par un nombre croissant de visiteurs. Cela impacte ainsi, de manière négative, l’expérience touristique, la communauté d’accueil et l’environnement.

« L’objectif est d’abord d’éviter d’avoir à fermer des sites, un cas extrême, comme on l’a vu avec Maya Bay en Thaïlande » rappelle Romain Charié, expert en revenue management et co-fondateur de N&C, au média Pagtour.

Le revenue management, la solution face au surtourisme ?

Le surtourisme est un problème croissant qui ne peut être résolu qu’en adoptant des principes de gestion durable du tourisme.

« Les lieux de patrimoine, culturels, les parcs nationaux, ont déjà mis en place ce type de tarification il y a longtemps ».

On connait bien la version classique du revenue management, qui consiste à lisser la demande par le prix, notamment via l’achat de billet pour accéder à un site touristique. Pourtant, la gestion des flux « gratuite », via une mise en place de quotas est une pratique qui s’inspire directement du revenue management. Cette pratique est belle et bien présente, et pourrait même s’intensifier pour pallier les effets du surtourisme.

Cela vous est certainement arrivé. Imaginez-vous, plein mois d’Août, ravi d’arriver enfin avec votre famille en plein cœur des calanques. Et là, c’est le drame. La horde de touristes vous contraindra à vous entasser à 4 sur la serviette de la petite dernière.

Comment en pallier les effets ?

Via la réservation obligatoire, cette pratique dérivée du revenue management a pour principal but de réguler les flux de visiteurs et permettre l’accès au plus grand nombre. Tout en préservant à la fois l’environnement, l’expérience visiteur, et l’organisation des villes pour adapter les transports, le nettoyage, et les infrastructures, cela permet surtout d’appréhender ces périodes plus sereinement.

« De plus en plus de jauges sont mises en place dans les lieux touristiques pour limiter l’afflux massif des visiteurs aux mêmes moments. Nous avons ainsi travaillé, avec la Tour Eiffel, à la mise en place de quotas horaires. Car nous n’avions pas d’autres leviers que la réservation pour fluidifier les visites, comme c’est le cas pour de nombreux musées », explique Romain Charié au média Tom.travel.

Permettant de mieux répartir les flux touristiques, en tenant compte des affluences, des heures de pointes ou des heures creuses, des périodes de vacances, des saisons… Le revenue management pourrait, sur le long terme, avoir un réel effet sur le surtourisme.

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